Anatomie d'un trimaran de 60' ORMA



Les 60' sont souvent qualifiés de Formules 1 des mers, en effet ces bateaux sont des prototypes à la pointe de la technologie, leur vitesse est  impressionante, il n'est pas rare qu'ils naviguent à plus de 30 noeuds sur un seul flotteur, et seul ou en double sur de tels bateaux la navigation se transforme en véritable pilotage.


La coque centrale : la longueur est limitée par la jauge à 18,28m soit 60', les entrées d'eau sont fines, cependant la largeur au niveau de la partie supérieure est plus importante à des fins mécaniques pour reprendre les efforts de la plate forme mais aussi pour permettre l'encastrement des bras de liaison au niveau du pont, de plus cet artifice permet de gagner de la surface pour les manoeuvres de l'équipage. En avant du cockpit se situe un poste de veille utilisé en solitaire pour se mettre à l'abri, il contient différents instruments informant le skipper sur le cap, la vitesse du bateau et du vent... L'accès à la cellule de vie se fait au niveau de ce poste de veille, le confort dans la cellule est tout à fait sommaire et se limite à des couchettes sur cadres (une seule en cas de navigation en solitaire), un réchaud, l'équipage a aussi à sa disposition une table à carte regroupant les instruments de bord et un ou deux ordinateurs indispensables lors des navigations océaniques.

Prix approximatif : 220000€

 

Les flotteurs : leur longueur est aussi limitée à 60', de même que pour la coque centrale les entrées d'eau sont fines pour faciliter le passage dans la mer, cependant le volume à l'avant du flotteur doit être suffisant pour éviter le risque d'enfournement et par conséquent de chavirage par l'avant.

Prix approximatif : 100000€ l'unité
 

Les bras de liaison : éléments indispensables pour relier les différents éléments de la plate-forme, ces bras peuvent être en "C" et identiques à l'avant et à l'arrière comme sur Gitana 11, ou en "X" la tendance sur la plupart des nouveaux bateaux depuis 2001comme sur Foncia, cette disposition permet un meilleur centrage des poids et une plus grande surface de manoeuvre, cependant ceci oblige à ajouter un rail d'écoute de grand voile, cette dispostion est plus difficile à assembler et coûte plus cher étant donné que les deux bras sont différents. La hauteur des bras est importante, en effet si ils sont hauts, le passage dans la mer est facilité, les vagues ne frappant pas les bras de liaison, cependant le fardage sera augmenté (l'aérodynamique du bateau est moins bonne), si ils sont bas, le fardage sera faible mais les bras de liaison seront plus exposés aux vagues donc au risque de casse.

Prix approximatif :  240000€


Le rail d'écoute de grand voile : situé sur le bras de liaison arrière sur les trimarans dits à bras en "C" (type Gitana 11 voir ci-dessus), il est caractéristique sur les trimarans à bras en "X" puisque ce rail est situé sur un 3ème bras qui rigidifie la structure, permet un meilleur réglage de voile et offre une plus grande surface de manoeuvre à l'équipage puisque le cockpit peut être considérablement élargi.

 
 

Le mât-aile : sa hauteur est limitée, la partie supérieure ne doit pas si située à plus de 100 pieds soit 30,48m) au dessus du niveau de l'eau.Il est profilé en forme d'aile pour une meilleure aérodynamique. Sa corde ou largeur est limitée à 80cm. Les mâts sont rotatifs pour améliorer l'aérodynamique (le mât étant orienté selon la même direction que l'axe du vent), ils ont aussi inclinables longitudinalement (d'avant en arrière d'environ 4 à 6°), cette bascule longitudinale est aussi appelée quête, au portant la mât est basculé vers l'arrière pour soulager l'avant du bateau, la mât peut aussi être basculé latéralement (de 8 à 12°) le mât est incliné au vent du bateau pour soulager les efforts sur le flotteur sous le vent  et diminuer la poussée verticale et donc le risque de chavirage latéral, tout en augmentant la puissance. Ces différentes inclinaisons sont possibles grâce à l'action de vérins hydrauliques reliés aux haubans et  situés sur les flotteurs ou au niveau du bras de liaison arrière.

Prix approximatif : 220000€


 

Les safrans : au nombre de trois, un par flotteur et un de plus grande taille sur la coque centrale, ils permettent au barreur d'orienter le bateau dans la direction souhaitée, ils sont reliés entre eux par des cables ou des tubes. Certains bateaux possèdent des safrans relevables pour limiter la trainée du bateau, ils sont alors situés sur le tableau arrière des flotteurs et de la coque, ce type de safran est utilisé exclusivement pour les courses océaniques.

Prix approximatif : 40000€ avec le système de transmission


La dérive : elle est située en avant du mât, elle traverse la coque dans un puit selon une inclinaison de 30 à 40°, elle est inclinable longitudinalement et de quelques degrés latéralement rendant les possibilités de réglages considérables. Elle a un rôle anti-dérive au près et améliore donc le cap, cet effet est augmenté par un flettner qui est un volet mobile sur l'arrière de la dérive (partie orange sur la  photographie de Foncia ci-dessus) .

Prix approximatif : 40000€

 

Les foils : les trimarans récents sont aujourd'hui tous équipés de foils courbes, ces appendices permettent de limiter l'enfoncement du flotteur grâce à leur effet porteur. Au près ils ont aussi un effet anti-dérive, au portant ils soulèvent le flotteur et une partie du bateau, diminuant donc la surface mouillée et améliorant sensiblement la vitesse.

Prix approximatif : 20000 à 25000€ l'unité


 

Le boût dehors ou tangon : permet de déporter le point d'amure du gennaker vers l'avant et par conséquent d'augmenter la surface de voile. Cependant la longueur hors tout du bateau (longueur de coque+tangon) est limitée par la jauge à 21,03m soit 69 pieds.

Prix approximatif : 8000€


Le cockpit : dédié à la manoeuvre, il supporte les winchs et les colonnes de moulins à café qui servent aux réglages des voiles.

 

Les postes de barre : intégrés entre le bras de liaison arrière et le rail d'écoute de grand voile sur les trimarans en X, ce sont de petites structures ajoutées le long du bras de liaison arrière sur les trimarans à bras en C, ils sont déportés sur chaque bord pour une meilleure visibilité du plan d'eau pour le barreur (celui-ci se plaçant dans le poste de barre au vent), et pour ne pas géner la manoeuvre au niveau du cockpit. Chaque poste est équipé des instruments essentiels au barreur, ainsi qu'un "panic button" permettant de choquer la grand voile, une vanne de transfert de mât qui permet de le faire basculer d'un bord sur l'autre, et parfois d'un winch.

 

 Les voiles :

  - la grand voile : elle atteint près de 200m², la corne désigne la partie horizontale en haut de la voile, ce qui permet de gagner de la surface et de la puissance par rapport à une voile normale, elle est équipée de bandes de ris, permettant de réduire la surface si le vent forcit.

  - le solent : la voile d'avant la plus souvent utilisé pour la remontée au près, elle peut atteindre 120m². Elle peut être utilisée au portant si le vent est trop fort pour que le gennaker soit établi.

 - la trinquette : petite voile d'avant si le vent est fort ( aux alentours de 30 noeuds), elle est positionnée sur un étai spécifique en arrière de celui de solent, en général la grand voile est arisé si cette voile d'avant est établie.

 - le gennaker : grande voile d'avant, amurée sur le bout dehors, cette voile n'est utilisée qu'aux allures portantes, c'est à dire quand le vent vient de l'arrière.Sa surface peut atteindre 270m².


Le dernier né des 60' ORMA : Groupama 2 skippé par Franck Cammas


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