Les 1ers multicoques sont apparus il y a plus de 30000ans sur le Pacifique, il semble que le peuplement des différentes îles du Pacifique sud a été possible grâce à l’emploi de ces embarcations.

 

Les premiers multicoques participants à des courses hauturières apparaissent en 1968, Tabarly est un des premiers à se lancer dans un multicoque révolutionnaire, il fait construire Pen Duick IV, un trimaran de 20 mètres de long et 10 de large en aluminum et doté de deux mâts rotatifs avec un rail de grand voile circulaire, le bateau a bénéficié de nombreuses études et d'essais en bassin de carène. Hélas la première tentative face aux grands monocoques sur la Trasant Anglaise est un échec, le bateau n'est pas prêt et Tabarly doit renoncer après une collision avec un cargo et des problèmes de pilotes, cependant, un prao de 12m termine à la 3ème position cette année là. Eric Tabarly change son gréement pour des mâts classiques et part vers les Etats Unis avec l'idée de le vendre, hélas il revient vers le France sans avoir trouvé d'acheteur, lors d'une escale à Nouméa, il est contraint de vendre son bateau à Alain Colas, il préfère conserver Pen Duick III sur lequel il peut s'aligner sur les courses classiques.

En 1972 Alain Colas s'aligne et  gagne la transat anglaise sur Pen Duick IV rebaptisé Manureva c’est la 1ère  victoire d’un multicoque lors d’une course océanique, 4 trimarans figurent parmi les 6 premiers lors de cette édition.

 

En 1978, le plus petit trimaran  engagé sur la première édition de la Route du Rhum bat de 98s  Kriter V, monocoque de 21m skippé par Michel Malinovsky, Mike Birch et son Olympus Photo (11,50m) entrent dans la légende de la Route du Rhum et font de cette course un monument de la course en solitaire, au cours de cette première édition, Alain Colas qui s'alignait sur son fidèle Manureva, après l'échec du monocoque géant (72m) Club Mediterranée, disparait en mer.

Eric Tabarly n'abandonne pas les multicoques, malgré ses succès en monocoques, en 1979, Tabarly lance Paul Ricard un trimaran de 16,50 mètres en aluminium avec un seul bras de laison et deux flotteurs de petite taille équipés de foils, un accident de ski le prive de transat 1980, il confie son bateau à Marc Pajot, rétabli après la fin de la course, il décide de ramener le bateau en France et bat le record de la traversée de l'Atlantique en 10 jours et 5 heures, détenu depuis 1905 par la goélette de Charlie Barr.

 

L’utilisation du carbone et de l'époxy permet d’avoir des bateaux toujours plus performants.

La longueur hors tout pour l’Ostar est limitée à 56’ en 1980 pour toutes les classes, les skippers de grands multicoques se tournent donc vers  la Route du Rhum, des engins de 25m de long sont sur la ligne de départ en 1982, le podium de cette édition  est composé de trois catamarans de 15 à 20 m(1. M.Pajot/Elf Aquitaine, 2.B.Peyron/Jaz, 3.M.Birch/Vital)  .

 

Suite aux succès de ces deux Route du Rhum, skippers et armateurs se lancent les années suivantes dans des projets de multicoques géants pour la Transat Québec Saint Malo 1984,qui sera gagné par Royale le catamaran de Loic Caradec (25.9m) devant Charente Maritime (P.Follenfant) et Jet Services (P.Poupon).

D’autres bateaux sont construits :  Crédit Agricole (P.Jeantot), Roger&Gallet, Formule Tag (M.Birch), Charles Heidesieck (A.Gabbay), Lada Pock(L.Peyron), les architectes explorent différentes voies : foilers, catamarans, trimarans. L’innovation est sans limite (mats-ailes basculants ou non, mat-aile à balestron sur Elf Aquitaine II, bras ou poutres en forme d’aile pour créer de la portance).

Différentes courses se succèdent :, Route de l’Europe en 1985, Monaco-New York 1985,Route du rhum en 1986, la Baule-Dakar en  1987, ainsi que des tentatives de records sur l’Atlantique Nord. Cependant l’apogée de ces maxis-multicoques sera de courte durée, les principaux facteurs de cette chute de cette classe sont des budgets devenus pharaoniques et des incidents de plus en plus nombreux (démâtages, désintégrations, chavirages), ainsi que des disparitions tragiques en course (Patrick Morvan en1985 sur Crédit Agricole, Loic Caradec sur la Route du Rhum 1986, Daniel Gilard en 1987 sur Jet Services V pendant la Baule-Dakar ).

 

Parallèlement et en raison des budgets élevés, apparaissent les Formule 40 en 1985, la jauge est simple : LHT :10,60 à 12,19m ; poids minimum : 1800kg ; surface de voile au près : 90m², surface au portant 180m², les régates se déroulent uniquement en baie, public et télévision sont séduits, le nombre de bateaux augmente rapidement, des régates sont organisées en France, mais aussi en Angleterre et en Belgique, les architectes (VPLP, Ollier, Nivelt, Irens, Lombard, Joubert,Morelli) s’en donnent à cœur joie et proposent des catamarans, trimarans, foilers aux différents skippers (Madec, Fauconnier, Poupon, Le Cam, Auguin, Smith, Desjoyaux ). Cependant le succès est de courte durée, après l’euphorie des débuts, les budgets augmentent sensiblement du fait de la recherche du poids minimal , les armateurs se désistent petit à petit, de même que le public et les médias, les régates se déroulant trop loin des côtes. La classe disparaît en 1989.

 

En raison de l’inflation des budgets et pour des raisons de sécurité, la LHT est limitée à 60’ pour l’édition 1990 de la Route du Rhum, certains concurrents s’élancent alors en pirates (B.Peyron, H.Laurent), F.Joyon décide de raccourcir son catamaran de 65’ pour le faire entrer dans la jauge quelques jours avant le départ en sciant ses flotteurs. La classe des 60’ est née. La course est remportée par Florence Arthaud sur Pierre Ier.

Cependant cette décision ne permet  de maintenir cette nouvelle classe que grâce à quelques courses océaniques , en effet les Grand Prix courrus sur les les maxis ou les F40 ne sont pas reconduits pour cette classe.

 

La classe ORMA et son championnat sont mis en place en 1995 sous l’impulsion de Philippe Facque.


 

Du coté des maxis multicoques, la course est relancée en 1993, avec la première tentative de tour du monde sans escales en moins de 80 jours, le Trophée Jules Verne, 3 bateaux s’élancent à l’assaut du record, seul Bruno Peyron et ses hommes y parviendront en réalisant un temps de 79j 6h 16min, en 1994 Peter Blake et ses 6 équipiers sur Enza New Zealand battent le temps de Peyron et rallient Brest en 74j 22h 17min, Kersauson est battu mais rallie son port d’attache en moins de 80j, sa nouvelle tentative en 1997, avec son trimaran optimisé sera la bonne avec un temps de 71j, Bruno Peyron sur Commodore Explorer part en tournée mondiale pour promouvoir la classe et lancer son projet The Race( voir Records, Trophée Jules Verne, The Race dans la partie G-Class).

De nouvelles voies (ou au moins des reprises de bateaux pour lesquels la technologie de l'époque n'étaient pas adpatée au concept) sont explorées depuis les années 1990. Ainsi Alain Thébaut lance l'Hydroptère® concept soutenu par Eric Tabarly, un foiler de 60', en 2004, Yves Parlier lance un hydraplaneur dont les flotteurs possèdent des redans comme les hydravions.